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12 décembre 2008. J’attendais ce jour : il fait (plutôt) soleil. Cela fait des mois, des années que je veux voir ces mosaïques de près, voir combien il y en a – ces mosaïques qu’on voit depuis la voiture, en sortant de l’A86 pour rejoindre le Pont de Clichy, sur cette 2 x 2 voies assortie depuis 6 mois moins un jour d’un prolongement de la ligne de métro n°13.




Départ en début d’après-midi, tout en sachant que le soleil tombe vite, en ce moment, avec planqué dans mon sac à dos, mon appareil photo, des piles de rechange « au cas où », des feuilles pour prendre des notes (que je ne prendrai pas vu que j’ai finalement oublié de prendre un crayon !).

 

Il fait beau, mais un bon froid (à peine plus de 0 °C) me permet de faire ma « visite » sans croiser trop de monde. Plus simple pour faire des photos, pour éviter de me faire piquer mon appareil photo (suis-je parano ?), mais aussi le peu de chance de faire une rencontre « improbable » avec des gens qui auraient plein de choses à me raconter - de toute façon je ne suis pas très douée pour cela…

 

Je prends la ligne 13 en bas de chez moi (le luxe !), et deux stations plus loin, je sors aux « Agnettes ».

 

J’aurais dû prendre une photo « panoramique » au début de ma balade. J’ai réparé l’oubli à la fin en prenant « Le Fossé de l’Aumône » à la fin, depuis l’autre station.

 

 

 

A pied, ce n’est pas pareil. Je soupçonnais que j’allais marcher beaucoup, mais je ne soupçonnais ce que j’allais découvrir ; je ne sais pas encore jusqu’où va aller ma balade, si elle va jusqu’à la prochaine station de métro ou si je ferai demi-tour. Pas question de « louper » une mosaïque en se disant que je la récupérerai au retour. Je ne sais pas non plus si je vais réussir à avoir de jolies photos « de près » avec mon humble appareil où si le zoom à fond ne va pas donner de flou. D’où au moins deux photos par mosaïque, l’une de loin (qui permet un peu de s’imaginer ce qu’elle représente dans le quartier) et l’autre de près – et pas facile de prendre ces photos !

 

D’abord que ces mosaïques sont sur une seule résidence (j’ai essayé de regarder autour), « Le Fossé de l’Aumône » - je ne savais même pas que c’était son nom. Je ne sais quoi penser de ce nom, d’ailleurs…


J'ai du mal à trouver un plan : le quartier est ici, il faut "cliquer" sur le carré correspondant à la deuxième colonne et à la troisième ligne...

 

J’avais prévu le début d’après-midi car c’est là que la résidence est ensoleillée… c’était sans compter que la moitié des mosaïques n’était pas exposée « face à la rue » et que certaines ne devaient jamais voir le soleil, caché par la barre précédente ! Je reviendrai peut-être un jour de printemps, entre midi et deux…

 

Ma première rencontre est avec Saint-Just. J’avoue, je ne sais plus qui est Saint-Just, il faudra que je révise à la maison. Je lui trouve un aspect clownesque avec ses multiples couleurs, et j’aime bien ce portrait dans un carré oblique ( ?) encadré par la mosaïque elle-même. Une signature énigmatique, pas de date, pas d’explication ; il en sera ainsi pour toutes les autres mosaïques aussi.




 

Je rentre à l’intérieur de la résidence et découvre ces couleurs vives contrastant avec les bâtiments ; je m’approche, c’est un jardin d’enfants ; il y a aussi un scooter devant, et un piéton qui parle à des gens dans une voiture ; au début je me demande si ça vaut le coup de photographier cela, et puis en m’approchant, je trouve que ça vaut le coup, et je me dis que ce n’est peut-être pas par hasard que ce jardin évoque la mosaïque… Au-delà, il y a une petite zone pavillonnaire toute simple. Malheureusement les autres jardins d’enfants que je rencontrerai dans la cité sont communs et sans décoration colorée de carrelage et de mosaïque. On doit me trouver bizarre de prendre ces photos. Ou pas.

 



Un peu plus loin, voici Robespierre. Ce n’est pas ma préférée, un peu tristounette, mais il faut reconnaître le travail et le talent de cet artiste inconnu. Là je découvre que la rue dans laquelle je suis (oui, il y a des rues entre ces barres, ou plutôt les allées entre les immeubles ont eu des noms de rue) s’appelle rue Robespierre. Je commence à comprendre. Il faut aussi s’imaginer ces mosaïques, mesurant environ 80 x 80 cm (à vue de nez, et j’ai un très mauvais nez), installée environ à hauteur du 1er étage sur des immeubles qui en comptent une vingtaine. Ridiculement petites dans cet immensément grand habitat…

 


 

Retour vers le boulevard Pierre de Coubertin, je découvre George Sand. Enfin une mosaïque au soleil, en revanche barrée de l’ombre d’un arbre. Beau travail aussi, en revanche George elle n’est vraiment pas belle, et le choix des couleurs ne me plaît guère… Evidemment la rue George Sand n’est pas loin.

 



Je me retourne (il faut toujours se retourner quand on marche) et je me rends compte que j’ai loupé une mosaïque sur l’immeuble derrière le jardin d’enfants – pourtant j’avais le nez dessus, mais je vous ai déjà expliqué, l’immensité de ces bâtiments et la nécessité parfois de tourner autour des 4 faces pour trouver LA mosaïque. C’est Rimbaud que j’avais oublié, j’aime beaucoup l’idée de n’avoir fait que la moitié de son visage, et puis c’est bien l’image qu’on a de lui, regard ténébreux et cheveux au vent… Nous sommes rue Rimbaud, vous l’avez deviné n’est-ce pas ?

 



Je reviens vers le boulevard, je vois une mosaïque qui brille sans pouvoir voir son motif, reviens d’abord sur mes pas pour ne plus en rater une : je « retombe » sur celle de George Sand. C’est bon.

 

Je me rapproche de la mosaïque qui brille. Je regretterai ensuite de ne pas l’avoir prise « brillante sans qu’on puisse reconnaître le motif, de loin ». Tant pis. C’est François Villon qui brille, j’aime bien son chapeau !

 


 

Puis en re-rentrant un peu dans la résidence, c’est Jules Guesde (là aussi il va falloir que je révise, pour moi c’était le nom d’un arrêt de bus quand j’allais au lycée…). Je n’avais peut-être pas fait attention avant, mais sur toutes les portes menant aux escaliers (et ascenseurs – j’espère) que je vois maintenant il y a non seulement l’annonce des manifestations pour Noël, mais des tracts concernant le projet de loi de Mme Boutin (et s’y opposant…).

 



 

Changement total d’ambiance rue Mozart. Ce n’est plus une mosaïque mais une gravure dans la pierre. C’est très aéré, ça fait du bien. Les quelques dernières mosaïques que j’ai vu étaient un peu « lourdes » je trouve. Sinon le même esprit, d’ailleurs c’est la même signature. Pourquoi pas une mosaïque ? J’aimerais bien le savoir – peut-être que l’artiste a disparu avant de faire l’ensemble de sa commande ; peut-être est-ce volontaire. En tout cas il est très beau ce Mozart…

 


 

Enfin de nouveau de la couleur. Romain Rolland, il faut que je révise aussi. C’est lui qui a écrit Knock, si je me souviens bien (euh non grave erreur, Knock c’est Jules Romains, ouille !). De la couleur, belle expression, mais ces aplats de couleurs sont un peu lourds quand même.

 



 

C’est une surprise qui m’attend ensuite. Une œuvre perchée en haut d’un des immeubles. Mosaïque ou pas ? Il semble que non, ce que confirme le zoom. Eluard nous contemple depuis ses hauteurs – la tête dans les nuages, comme tous les poètes. Je suis étonnée de la signature, mais c’est bien toujours ce mystérieux « MG », un autre style pourtant, mais une composition très intéressante. Et un indice supplémentaire, une date, 1996…

 

 



 

Je passe devant l’école du quartier. Pas de mosaïque, un passant (ça faisait longtemps), j’attends qu’il passe avant d’explorer un peu plus, et je prends en photo la bannière de l’école, carrelage et couleurs, on reste dans le thème : je prends ! Au fait Paul Langevin je ne sais pas qui c’est, c’était le nom du lycée où j’ai été convoquée pour les épreuves du baccalauréat…

 

 

 

Je suis au bout de la résidence, mais il y a encore des immeubles à l’intérieur. Je découvre une borne (recouverte sur un côté d’art urbain…), sur ce qui pourrait être l’entrée officielle de la résidence. Un grand espoir : enfin l’explication de ces œuvres d’art dans la résidence. En fait pas du tout ; un récit historique, très intéressant au demeurant, mais qui ne satisfait pas ma curiosité du jour !

 

 


 

Je retourne alors à l’intérieur de la résidence ; une grand-mère attend quelqu’un probablement, essayant de s’abriter du froid. Je dis bonjour et je photographie la mosaïque colorée à côté de l’entrée : Gustave Courbet.

 

 


 

Il reste une très longue barre (300, 500 mètres de long) d’architecture différente. Au départ je pensais qu’elle n’aurait pas de mosaïque, puis, au bout du bout, il y a une mosaïque pleine de couleurs qui m’attire. J’aurais dû faire une photo de cette vue de loin, le contraste entre cette immense barre, courbe heureusement, terne, et cette petite mosaïque colorée et brillante. Quand enfin j’arrive, il y a à la fenêtre un garçon d’environ 9 ou10 ans. Je lui explique que ce n’est pas lui que je prends en photo mais la mosaïque. Je n’en dis pas plus – et je me demande ce qu’il en sait, lui de ces mosaïques qu’il voit tous les jours, et notamment celle-ci. J’ai bien peur que ce patrimoine ne soit mis en valeur ni « réinvestit » pour faire faire de la mosaïque ou d’autres arts plastiques dans cette cité…

 

Voici donc cette dernière mosaïque – je suis contente de l’avoir vu en dernier, c’est la plus belle, elle est flamboyante. Comme mes piles ont tenu le coup, je m’offre le luxe de prendre les détails des couleurs, c’est superbe.

 

 



 






Le soleil décline gravement, juste une photo de la station de métro suivante, toute nouvelle, toute transparente, « Les Courtilles », vers laquelle je me dirige avec mon butin rangé dans mon sac à dos.

 

 

A peine rentrée, j’explore mon butin, plutôt contente que mes « zooms » soient nets, que ça plaise et surprenne mon mari (qui n’avait jamais fait attention à l’existence de ces mosaïques !), puis le charge sur picasa pour en faire profiter les membres de Passion Mosaïque. Je décide d’attendre un peu pour le blog : pour vous raconter tout ça, et avoir le temps de me documenter ! Sur Passion Mosaïque, cela entraîne une discussion sur la mosaïque et les banlieues, très intéressante, je vous en parlerai une autre fois…

 

Pas de rencontre improbable et de discussion hors du commun, mais je suis vraiment contente de ma balade, qu’aucun guide je pense ne cite, et qui vaut pourtant son pesant… de smaltis !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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