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En début d'année je suis tombée "par hasard" sur ces deux articles...

 

Dans Le Monde du 31 décembre 2010

A Jéricho, tempête autour de la superbe mosaïque du palais d'Hisham

LEMONDE | 31.12.10 | 18h30  •  Mis à jour le 31.12.10 | 18h30


Le soleil, encore chaud en cette matinée de décembre, n'accorde aucune ombre au site splendide et quasi désert du palais d'Hisham, à Jéricho. Un architecte de laChicago University donne des conseils à trois ouvriers palestiniens qui grattent la terre à la truelle, mettant au jour, pour la première fois depuis le tremblement de terre qui s'est produit dans la région, vers 749 avant Jésus-Christ, des fragments de colonnes... Au loin, les monts bruns, lunaires, dominent la vallée du Jourdain.

Nul ne sait avec certitude si c'est Hisham ben Abed El-Malik (724-743), dixième calife de la dynastie des Omeyyades, qui a construit ce palais d'hiver inachevé, ou bien son héritier, Al-Walid II, entre 743 et 744. Mais ce n'est pas essentiel pour l'ambitieux projet que Louise Haxthausen et Giovanni Fontana, représentants de l'Unesco, décrivent avec enthousiasme. Au-delà des ruines de son complexe thermal, de sa mosquée, de sa fontaine monumentale et de son caravansérail,Khirbat Al-Mafjar (son nom arabe) recèle un joyau recouvert d'une bâche de géotextile et de 25 centimètres de sable : une mosaïque de 850 mètres carrés.

Ainsi protégée, elle est la plus vaste, la mieux conservée du Proche-Orient, et la plus belle du monde, assurent ses amoureux. Miraculeusement épargnée, c'est un ensemble de figures géométriques composé de tesselles où dominent le bleu, l'ocre et le rouge, ponctué de noir et de blanc... que les visiteurs n'admireront jamais si le projet de l'architecte suisse Peter Zumthor ne se réalise pas.

Louise Haxthausen et Giovanni Fontana sont confiants. "Ce sera un projet controversé et cher, mais l'Unesco se bat contre l'idée que la culture est un luxe. C'est aussi un projet-symbole, celui de la dimension culturelle du futur Etat palestinien", reconnaît Louise Haxthausen. Il faut "créer des projets pilotes, insiste Giovanni Fontana. Parce que la planification, les grandes stratégies, ici, cela ne marche pas : il faut montrer !"

De ce point de vue, le projet destiné à abriter le pavement de mosaïque du palais d'Hisham ne court pas le risque de passer inaperçu : si l'architecte bâlois persiste dans son ébauche, dont une maquette au 1/20 est visible sur le site, la Maison des mosaïques - puisque tel est le nom que lui a donné le lauréat du prix Pritzker 2009 (le Nobel de l'architecture) - sera constituée d'une gigantesque structure trapézoïdale (45 mètres de large) de lattes de bois superposées, laissant passer air et lumière, culminant à 23 mètres au-dessus du sol et flanquée de passerelles suspendues pour les visiteurs. Une "maison" et non un "abri", un "écrin" et non une"cage", insiste Giovanni Fontana.

"Il ne s'agit pas de reconstruire, mais de recréer l'atmosphère", précise Louise Haxthausen. Celle d'un palais avec ses jardins et ses pièces d'eau, au milieu du désert. Ainsi transformé, le site s'inscrira-t-il encore harmonieusement dans l'environnement aride de la vallée du Jourdain ? Peter Zumthor, architecte-auteur réputé, attentif aux paysages naturels et aux traditions locales, père de réalisations dépouillées mais de petites dimensions, est-il sur le point, avec ce qu'il nomme une"reconstruction émotionnelle", de changer d'échelle ?

Le budget envisagé oscille entre 12 et 15 millions de dollars (9 à 11,4 millions d'euros). Une somme disproportionnée pour le ministre adjoint de l'Autorité palestinienne chargé des antiquités et de l'héritage culturel, Hamdan Taha : "Nous soutenons ce projet et admirons le travail de Peter Zumthor, dit-il. Mais nous voulons une solution qui respecte le paysage culturel et historique, et qui soit réalisable du point de vue financier."

Alors que tant de sites palestiniens ne disposent que d'un budget squelettique, la protection de la mosaïque d'Hisham ne devrait pas dépasser 3 millions de dollars, estime-t-il. Certes, l'Autorité palestinienne ne versera rien, le budget étant alimenté par des donations. La Banque islamique de développement, l'Union européenne, les Etats-Unis, des pays arabes, ont été sollicités. "Tout le monde est très intéressé", assure Louise Haxthausen. Mais à ce stade, aucun financement n'a été confirmé.

Ce n'est pas la seule incertitude. Jéricho vient de fêter ses 10 000 ans. Avec force discours, mais peu de raisons de pavoiser : la plupart des grandes infrastructures qui devaient être inaugurées à cette occasion sont restées au stade de projet. La vallée du Jourdain est une région stratégique qu'Israël n'a pas l'intention de confier aux Palestiniens. Cette dimension politique est une menace pour le renouveau touristique du palais d'Hisham.

Si tout va bien, les visiteurs pourront admirer dans deux ou trois ans sa somptueuse mosaïque, mais le sable qui la recouvre n'est pas encore déblayé.

Laurent Zecchini (Jéricho, Cisjordanie, envoyé spécial)Article paru dans l'édition du 02.01.11
J'ai trouvé aussi quelques photos
http://www.almustaqbal.org/admin/images/big/21-186-1-pb.jpg
http://www.arcinfo.ch/uploads/tx_snparticles/2010-12-14/zumthor.jpg
... et un bel article sur un drôle de journal : Le Soleil (cliquez dessus)
http://akamai.myvirtualpaper.com/client/lesoleil-immobilier/ls_2412_00_m001-m024-low/2010122301/thumbnails/page12_v1.jpg
Et puis une truc nettement moins amusant, et nettement plus près de chez nous : à Narbonne-Plage, article du Midi Libre du 1er janvier 2011
Édition du samedi 1 janvier 2011
Les « peintres modernes » ou les luttes d'influence

DR

 

 Les « peintres modernes » ou les luttes d'influence


 

Quelle honte de voir cet édifice de déserte d'eau, route de Narbonne-Plage, au début de la 2x2 voies, à droite, en allant vers la cité mère. Sur un mur datant d'environ 60 ans, il existe une mosaïque de Jean Cambéroque, mosaïste audois, artiste et compagnon de Gaston Bonheur, écrivain et poète, et de Max Savy, peintre, et autre René Nelly.

Cette œuvre, apposée en ce lieu depuis bien des lustres, n'avait pas subi les outrages du temps jusqu'à la dernière campagne électorale présidentielle pendant laquelle quelques anonymes courageux ont écrit des insultes sur l'actuel président de la République qui n'en a cure.

Depuis, d'autres courageux peintres de murs et « salisseurs » professionnels à l'irrespect total ont carrément peint en gris, à la bombe, jusqu'à mi-hauteur, la dite mosaïque. À croire que la hauteur de leur peinture dénonce la grandeur d'âme de ces individus peu scrupuleux. Petit à petit, ce bâtiment est envahi par des taggueurs dans leur course d'influence pour la lutte de leur territoire.

Dernièrement, une équipe du Grand Narbonne chargée de l'enlèvement des tags était à pied d'œuvre, mais rien n'a changé. N'ont-ils pas pu ôter ces traces qui jalonnent l'itinéraire des auteurs ? Tout est resté en l'état et c'est bien dommage sur une route touristique tant fréquentée. 

Gageons que le propriétaire de la bâtisse donnera son accord pour enlever ces graffitis, faire ressortir la mosaïque, changer les très nombreux carreaux de verre déchiquetés et donner un coup de peinture afin de préserver ce patrimoine culturel audois qui donne une très mauvaise image à celui qui découvre la station.

Sculpture Camberoque, RD 168 Moujan, passablement outragée.

NARBONNE-PLAGE   
Tag(s) : #Mosaïques de rue

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